OUI, vous POUVEZ et vous DEVEZ faire un tour du monde (ou voyager) avec votre bébé ou jeune enfant !

De nombreuses personnes nous posent régulièrement la question de la faisabilité d’un grand ou petit voyage (voire d’un tour du monde) avec un bébé. Sans éluder cette question, je vais également développer dans cet article la thèse de la nécessité pour lui de le faire. Et le plus tôt sera le mieux.

Pour ceux qui découvrent notre blog avec cet article, nous sommes une famille actuellement en tour du monde avec notre bébé de presque 2 ans. Découvrez-en plus dans notre présentation.

Voyager avec un bébé, oui c’est faisable et c’est facile

Avoir un bébé, c’est remettre en cause beaucoup de choses. Notamment son mode de vie. Généralement, les heureux nouveaux parents l’acceptent très volontiers : un bébé cela chamboule une vie. Nous sommes nombreux à penser, notamment dans le cadre d’une éducation bienveillante, que c’est aux parents de s’adapter à leur enfant et non l’inverse.

Alors, pourquoi en serait-il autrement en voyage ? Voyager avec un bébé, c’est donc voyager différemment. Si vous avez voyagé avant, seul ou en couple, vous ne pourrez plus nécessairement voyager de la même manière lorsque bébé pointera le bout de son nez.

Ce n’est pas pour autant le moment de mettre ses envies et rêves de voyages au placard, ou de les remettre à « quand les enfants seront plus grands ».

Il faut donc envisager le voyage différemment. Un voyage qui comblerait les besoins et attentes de tous, parents et bébé, sans exception.

Pour parler de notre expérience, nous essayons de respecter au maximum les rythmes naturels de notre bébé. Respecter ses temps de repos et ses temps de jeux (je développe plus longuement dans cet article). Bref, nous voyageons plus lentement, nous planifions moins de visites et d’activités chaque jour que dans nos voyages précédents pour laisser du temps à notre bébé de jouer et de vivre. Ceci afin qu’il ne subisse pas ce voyage.

Et pour vous le dire franchement, ce n’est pas seulement une réussite pour notre bébé : cela l’est pour nous également. Nous apprécions cette façon de voyager, et, finalement, nous souhaiterions ralentir encore plus.

Passons maintenant à la question des repères et de la routine a priori nécessaire à bébé. En voyage, il perdrait donc cela, car nous le trimballons de lieu en lieu, si différents, si désorientants pour lui. Vraiment ?…

Le meilleur repère que peut avoir un bébé, ce sont ses parents. Les avoir à ses côtés en permanence est la meilleure stabilité que l’on peut lui procurer. L’environnement extérieur qui change chaque jour ou presque n’est pas une source de stress lorsque le bébé est rassuré par une présence aimante et bienveillante à ses côtés.

Dans nos sociétés « modernes », on s’attache à donner une routine et des repères à nos bébés, car on les prive (trop) rapidement de la présence rassurante de ses parents. Ainsi, le bébé a besoin de son doudou pour aller à la crèche ou encore d’une chambre qui est la même chaque soir, car on le laisse (trop) tôt seul pour des nuits entières. Au final, le « bébé moderne » passe la grande majorité de son temps sans ses parents. Il a donc besoin de palliatifs pour se rappeler à eux et se rassurer sans leur présence…

Nous concernant, Éléanor n’a pas de doudou et fait du co-dodo avec nous chaque nuit. Elle passe tout son temps avec nous et s’adapte rapidement à chaque « nouvelle maison ». Outre notre présence, elle a des repères très clairs. Ces repères, bien qu’ils changent de formes et d’emplacements n’en sont pas moins des repères qui font appel à sa grande capacité d’adaptation : une table, des chaises et des couverts pour manger, un lit pour dormir, une douche pour se laver, etc. Tout cela est différent chaque jour, mais cela n’importe guère au final.

Au niveau des interactions sociales, les mauvaises langues pourraient penser qu’une telle vie ferait d’Éléanor un bébé asocial, ou en tout cas tourné uniquement vers ses parents. Je peux vous l’assurer : ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, à presque 2 ans, Éléanor n’est pas une enfant sauvage. Elle va facilement jouer avec d’autres enfants et se laisse facilement apprivoiser des adultes. Nous avons eu tant de « compliments » à ce sujet durant notre voyage !

Je terminerais en une phrase cette partie sur la « faisabilité » d’un voyage avec un bébé pour rassurer les parents inquiets sur les aspects pratiques : oui, on trouve des couches et des produits pour bébé partout dans le monde ; non, il n’y a pas de risques excessifs de maladies lorsque l’on est prudent et rationnel (vous éviterez, je pense, d’emmener bébé en short dans la jungle où règnent paludisme et dengue…) ; non, vous n’avez pas besoin d’emmener 10000 accessoires pour bébé (votre super poussette peut aisément être remplacé par un porte-bébé ou une écharpe de portage, des lits bébés sont souvent disponibles, bien que l’option du cododo reste la plus pratique et rassurante pour le bébé) ; oui, vous pouvez allaiter dans tous les pays du monde (parfois, pour ne pas choquer, il faudra sans doute vous cacher un peu plus que chez vous) ; oui, bébé supportera bien les voyages en avion (les vols de nuit ou à l’heure de la sieste sont à privilégier, l’allaitement est un plus indéniable) et le décalage horaire ; oui, bébé s’adaptera à des goûts et aliments nouveaux (vous veillerez juste, en Asie par exemple, à demander des mets non épicés).

Peut-être que le meilleur argument reste ces quelques photos prises durant notre tour du monde en cours…

Voyager avec un bébé, c’est indispensable

Ainsi, comme nous l’avons vu, voyager avec un bébé c’est possible. Je vais donc pouvoir attaquer sereinement la deuxième partie de mon propos qui est pour moi la plus importante : voyager avec un bébé c’est important, car c’est lui assurer le meilleur des développements cognitifs possibles.

Les études les plus récentes le prouvent, ce n’est pas la génétique qui est à l’origine du développement intellectuel d’un enfant, mais son environnement (en particulier avant 5 ans, mais surtout avant 2 ans).

Ainsi, un environnement riche et stimulant donnera davantage de capacités à un enfant et lui assurera un meilleur développement cognitif. Le meilleur exemple est le langage : les enfants issus de milieux où l’on emploie un langage plus soutenu et un nombre de mots importants auront un langage plus varié et riche que des enfants issus de milieux où l’on parle de manière familière et avec une langue appauvrie. Et donc, une meilleure capacité de réflexion et d’analyse.

Un bébé n’est donc pas le tube décrit dans un des romans d’Amélie Nothomb, c’est-à-dire un objet inerte qui serait capable uniquement d’ingérer, de digérer et de dormir. Au contraire, la recherche scientifique a prouvé que le cerveau du nouveau-né développe de la naissance jusqu’à 5 ans 700 à 1000 nouvelles connexions chaque seconde. L’adulte possède environ 300 000 milliards de connexions de neurones. Celui de l’enfant, lui en compte un million de milliards. Autant, le dire, ça fourmille à l’intérieur et le bébé a une soif naturelle d’apprentissage. Alors, que fait-on de tout ça ?

Soit, on le laisse végéter dans un environnement semblable chaque jour avec un nombre d’interactions sociales réduit, soit on lui ouvre une fenêtre différente chaque jour sur un monde à explorer, avec l’accompagnement et la bienveillance de parents aimants en permanence à ses côtés.

Certains pourraient trouver ce propos caricatural. Personnellement, je suis convaincu que ces bébés que l’on « abandonne » entre les mains « expertes » de nounous ou de crèches, dans des environnements aseptisés, « gâchent » une partie de leur potentiel (qui est, rappelons-le, énorme et presque illimité) et qu’ils auront du mal à rattraper ce « retard » par la suite.

Bien entendu, certains de ces environnements éducatifs sont meilleurs que d’autres pour le développement de l’enfant, par la bienveillance des professionnels de la petite enfance, la pédagogie utilisée, le nombre d’enfants et l’attention réservée à chacun. Mais, les meilleurs environnements de garde d’enfants ne remplaceront jamais la présence de parents bienveillants et d’une ouverture sur une multitude de lieux, personnes et choses

L’idée que les bébés, et plus largement les enfants en bas âge, ne garderaient aucun souvenir des voyages est cependant vraisemblable. Partant de ce principe, beaucoup attendront que les enfants grandissent pour voyager afin qu’ils gardent en mémoire les lieux traversés et les personnes rencontrées.

Pourtant, le bébé gardera des sensations et ce qu’il découvrira de ces voyages participera de ses apprentissages. Voyager avec un bébé, c’est aiguiser son esprit de tolérance, de curiosité, d’empathie, d’émerveillement, etc. Pas seulement dans l’immédiat, mais également pour sa construction future, pour l’adulte qu’il deviendra.

Car, le cerveau des enfants, nous l’avons vu, réalise énormément de connexions neuronales, mais ne les conserve pas toutes : celles des expériences les moins répétées vont s’affaiblir et disparaître. À l’inverse, les expériences fréquentes seront ancrées en lui. Ainsi, il n’y a aucune notion de qualité : seules la quantité et la durée des expériences forgent l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra.

Voyager sur une longue durée avec un bébé (ou, tout du moins, voyager régulièrement ou simplement passer beaucoup de temps avec lui) lui permet, potentiellement, de développer son cerveau de façon optimale grâce à la richesse et à la diversité des expériences vécues.

Cependant, c’est beaucoup de responsabilités pour les parents voyageurs, car, plus que de l’imitation, nos moindres faits et gestes structurent l’enfant. Grossièrement, en ne déléguant pas une partie du travail éducatif, nous sommes pleinement responsables du meilleur comme du pire de leur comportement actuel et futur. Aux parents, donc, le rôle d’éveiller l’enfant, de lui apprendre la richesse du langage, des rapports sociaux, etc. Autant le dire, pour que cela fonctionne, il faut être irréprochable la plupart du temps.

Donc, voyager avec un bébé va pour moi de pair avec une éducation bienveillante. Le voyage permet de supprimer le stress de la vie quotidienne, favorisant ainsi très largement le bien-être des parents. Il est dans ces conditions beaucoup plus simple d’être bienveillant et totalement à l’écoute de son enfant.

Pour le reste, c’est assez simple : nul besoin de se faire maître d’école avec un bébé et d’imaginer 1001 activités éducatives pour qu’il puisse faire son apprentissage, car il apprend naturellement et avec une soif inextinguible. Le voyage lui offre au quotidien des dizaines de nouvelles choses à décrypter, tester, sentir ou comprendre.

On pourrait également parler de la formidable opportunité du voyage pour le bébé de découvrir et s’immerger dans la nature. Beaucoup trop d’écoles et de crèches ne sont que béton et barrières. Pas un potager pour apprendre à travailler la terre, pas une fleur pour respirer son parfum, pas un brin d’herbe pour courir gaiement… Cette immersion dans la nature réduit naturellement l’anxiété chez le bébé et le jeune enfant. Cela lui permet de développer son cerveau sans entrave. Et que dire de ces rayons de soleil si bénéfiques, même pour les adultes… Ce n’est pas dans un bunker-crèche ou un bunker-école qu’il en reçoit en profusion, mais bel et bien en courant dans les champs ou sur une plage !

Éléanor court en toute autonomie dans une ferme en Thaïlande à la découverte des animaux et de la nature

Beaucoup rétorqueront que la réalité de la vie actuelle ne permet pas d’envisager de grands voyages, bébé ou pas bébé. Ce n’est pas du tout le propos ici, mais je vais y répondre brièvement afin de conclure cet article. Je crois que quand on le veut, on le peut. Tout simplement. Surtout quand on a la responsabilité d’un bébé qui n’a pas demandé à subir « la vie moderne ». Cela demandera certainement des sacrifices et de rogner sur un pseudo confort de vie (avez-vous réellement besoin du dernier i-truc ?), mais le jeu en vaut la chandelle, croyez-moi !

PS : Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de l’excellent livre « Les lois naturelles de l’enfant » de Céline Alvarez. Ce livre a réellement bouleversé notre vision de l’éducation et de l’apprentissage. Il n’y est pas question de voyage, mais de comment accompagner le développement cognitif de l’enfant et développer son énorme potentiel intellectuel dès le plus jeune âge. Certains chiffres et certaines données de cet article sont par ailleurs tirés de ce livre.

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11 commentaires ou avis éclairés ;-)

  1. Gwenola Répondre
    • Carole Répondre
      • Gwenola Répondre
        • carole Répondre
  2. Christelle Répondre
    • Laetitia Répondre
    • carole Répondre
    • Laetitia Répondre
  3. Jenny Répondre
    • Laetitia Répondre

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