Récit de notre petite escapade en famille sur Shikoku, un bol d’air en dehors des sentiers battus au Japon

Après avoir visité les villes de Tokyo, Kyoto et Nara et avant de nous poser pour une petite semaine à Osaka, nous avions envie de voir un autre Japon. Mais aussi, et surtout, de sortir de ces (très) grandes villes.

Ainsi, le hasard de nos rapides recherches sur le net, et l’instinct de voyageurs qui nous anime, nous ont amenés à passer une semaine sur la grande île de Shikoku en dehors des sentiers battus durant notre périple au Japon en famille. Et nous ne le regrettons pas !

Info : Voyage effectué du 8 au 14 juin 2017. Éléanor avait alors 2 ans et 1 mois.

Au programme : visite de plus petites villes, plongée dans la nature, nuits dans des auberges traditionnelles japonaises (ryokan) avec bains chauds (onsen) et repas traditionnels, spectacles de danse et de marionnettes, voyage dans des trains lents au milieu de paysages superbes et découverte de petites îles dans la mer intérieure du Japon. Pas mal, non ? Voici le détail de notre itinéraire ci-dessous. 🙂

Étape 1 sur Shikoku : la ville de Tokushima

Notre première étape a été la ville de Tokushima. Située à 2h30 en bus d’Osaka c’est un peu la porte d’entrée de l’île de Shikoku avec un pont très long qui traverse la mer depuis l’île principale de Honshū. Outre l’aspect pratique, nous avons choisi de séjourner 2 nuits dans cette ville pour différentes raisons :

Tout d’abord, la ville est dominée par l’imposant mont Bizan. Pour y accéder, il y a soit la route, soit un téléphérique. Et nous, on aime bien les téléphériques ! La vue depuis le sommet sur l’est de la mer intérieure du Japon, sur la ville et sur sa campagne environnante est époustouflante.

La ville de Tokushima est célèbre pour son festival de danses traditionnelles, l’Awa-odori Matsuri. Celui-ci a lieu au mois d’août (nous y étions en juin). Cependant, toute l’année de courtes représentations ont lieu tous les jours. Nous avons donc pu assister à un spectacle de danse que nous avons beaucoup apprécié. Le rythme de la musique invite à danser, au point que nous nous sommes retrouvés sur scène pour expérimenter cet art !

Le centre de Tokushima est encerclé par 2 rivières qui se jettent ensuite dans la mer. Cela forme une sorte d’île que nous avons pu parcourir en bateau. C’est rafraîchissant et instructif, mais il faut le reconnaître : pas époustouflant de beauté. Les villes japonaises bien que propres ne sont pas très belles (selon nos critères franco-français).

La région de Tokushima est également célèbre pour ses spectacles de marionnettes. Un art très ancien qui a distrait plusieurs générations de japonais bien avant l’arrivée du petit écran ! Nous avons donc visité le petit musée Awa Jurobe Yashiki où nous avons eu des explications sur l’histoire, la fabrication et la manipulation de ces marionnettes très spéciales. Cerise sur le gâteau, nous avons pu assister à une courte représentation de théâtre de marionnettes. Le dispositif est très impressionnant : pour chaque marionnette, 3 personnes sont nécessaires pour lui faire prendre vie ! Et contrairement à d’autres formes de théâtre de marionnette, les marionnettistes ne se cachent pas : ils revêtent simplement une tenue noire.

Enfin, à la plus grande joie d’Éléanor, Tokushima possède de nombreux parcs de jeux plutôt agréables et avec des activités variées !

Étapes 2 et 3 : le centre de Shikoku et la vallée d’Iya

La nature et les traditions japonaises ont été au cœur de cette escale au milieu de la verdoyante vallée d’Iya. Après 2h30 de voyage dans un train local très lent et très ancien, qui serpente dans une nature incroyable, nous avons l’impression d’être dans un autre pays. Jusqu’à présent, le Japon signifiait pour nous de grands centres urbains et une agitation permanente. Alors qu’ici, « tout n’est que luxe, calme et volupté »

La première nuit, nous l’avons passé dans un ryokan (auberge traditionnelle japonaise) à Minawa. Durant le trajet (à pied : pas de bus ni taxi ici !) de la gare jusqu’à l’auberge, nous avons traversé un large fleuve où l’eau était d’un bleu parfait et nous avons pu admirer de superbes paysages verdoyants de montagne. Un vrai bol d’air pur !

Notre auberge, bien que confortable, ressemble à un vieux complexe touristique un peu délabré. Pourtant, c’est le genre d’endroit que j’affectionne. Il y a une âme dans ces murs. En plus, nous y étions un samedi : de nombreux Japonais fuyant les villes pour le week-end ont contribué à rendre l’endroit très vivant.

Des bains chauds (trop chauds) nous permettent de nous essayer à la pratique populaire au Japon des « onsens ». Ces bains, dont l’eau est issue de sources volcaniques, sont réputés pour leurs propriétés thérapeutiques. On y passe donc du temps pour se détendre et profiter des bienfaits naturels. Mais pas seulement : l’intérêt premier des bains est… de se laver. En effet, dans les chambres, il n’y a pas de salle de bain. C’est aux bains publics que l’on fait sa toilette avant de, littéralement, rentrer dans le bain. Les bains sont non mixtes et la nudité est obligatoire. Pudiques s’abstenir (ceux qui nous connaissent bien savent que ce n’est pas du tout notre cas !).

Cerise sur le gâteau, nous avons pu assister à un spectacle de danses et de musiques traditionnelles. Éléanor, avec les spectacles des jours précédents, en redemandait et n’avait plus qu’un mot à la bouche : « spectacle » (prononcé « pétac » 😉 )

Le deuxième jour, nous avons repris le train pour nous rendre à Oboke, à 15 minutes de Minawa. De là, nous avons pris un bus qui nous a conduits au cœur des montagnes.

L’objectif était de voir et de fouler du pied le pont de liane de Kazurabashi. Alors qu’autrefois (il y a quand même très, très longtemps !) ces ponts étaient très répandus et servaient pour se déplacer dans les vallées, il n’en reste aujourd’hui au Japon que 3. Lorsque l’on traverse ce pont, on pourrait se croire dans un film d’Indiana Jones ! Bien que solide et sécurisé (les lianes sont changées tous les 3 ans), ce pont est à déconseiller aux personnes ayant le vertige. Cela tangue un peu, mais surtout l’espace entre les planches de bois (donnant sur un vide de plusieurs dizaines de mètres) est assez important !

La rivière et la cascade à proximité ont conclu en beauté cette belle matinée de découvertes en pleine nature !

L’après-midi, nous avons rejoint notre logement pour la nuit. Nous avons à nouveau opté pour un ryokan, mais cette fois-ci nous avons souhaité goûter au luxe le temps d’une nuit !

C’est donc un établissement plutôt luxueux dans lequel nous nous sommes rendus, mais sans bling-bling : ce qui se paye ici, c’est le calme et la sérénité des lieux.

Nous découvrons donc notre chambre traditionnelle japonaise. C’est beau, sobre et apaisant. Mais ici, point de lit : durant le dîner le personnel est venu nous installer des futons.

L’auberge dispose également de « onsen » : des bains chauds, soit en intérieur soit en extérieur. Bien entendu, ce sont les bains en extérieur qui ont le plus d’intérêt. Leur accès est très original : pour s’y rendre, il faut emprunter un petit funiculaire. Arrivés en haut, la vue est splendide. Et le top c’est de pouvoir contempler cette vue tout en étant agréablement installé dans un bain chaud (mais pas trop cette fois, ouf !).

Le clou de cette journée, c’est le dîner qui nous a été servi. Point de menu à la carte ! Nous n’avons pas eu le choix des plats qui nous ont été servis. Et des plats, il y en a eu une bonne quinzaine. Cela nous a permis d’expérimenter la gastronomie japonaise pour le meilleur… et pour le pire (oui, il faut le dire, certains mets nous ont un peu… décontenancés !). Néanmoins, nous avons apprécié ce repas. Le moins drôle, c’est qu’un repas similaire nous a été servi au petit-déjeuner le lendemain matin ! 😉

Étape 4 : la ville de Takamatsu et les îles de la mer intérieure

Notre dernière étape sur l’île de Shikoku a été Takamatsu. C’est une grande ville de 420 000 habitants au nord de l’île, mais qui offre de belles possibilités d’évasion en pleine nature, et qui est située en bord de mer.

À Takamatsu, nous avons visité 2 parcs. Le premier est considéré comme étant un des plus beaux jardins du Japon. Il s’agit du parc Ritsurin qui s’étend sur 75 hectares. Parfaitement entretenu, il offre d’agréables promenades entre plusieurs étangs qui forment de petites îles sur lesquelles on accède par de très jolis ponts. Éléanor a adoré y observer de grosses carpes et de petites tortues !

Bien que n’étant pas de gros fans de shopping, nous avons pourtant apprécié la (très longue) rue piétonne couverte qui part du front de mer en direction du parc Ritsurin.

Le second parc est bien plus petit. Son nom : « Tamakatsu-jo », littéralement : « château de Tamakatsu ». Bon, pour être honnête il ne reste plus grand-chose du château sinon des douves et des murailles. Mais, le parc est agréable et tout aussi bien entretenu.

Bien que tout cela puisse déjà justifier une visite à Takamatsu, le clou du spectacle pour nous a été notre journée d’excursion sur 2 petites îles de la mer intérieure du Japon.

Vue sur Takamatsu en s’éloignant avec le ferry

Nous souhaitions à la base nous rendre sur l’île de Naoshima située à 50 minutes de ferry de Takamatsu. Cette dernière est le point central du projet d’un riche industriel japonais de promouvoir l’art contemporain sur les îles de la mer intérieure du Japon. Ainsi, cette île compte plusieurs musées d’art moderne et œuvres en plein air. Malheureusement pour nous, le jour où nous avions prévu de nous y rendre tombait pendant la semaine de maintenance annuelle : tous les musées étaient fermés…

Nous avons donc jeté notre dévolu sur 2 îles plus proches et plus petites. La première île que nous avons visitée est Megijima. Située à 20 minutes en ferry du port de Takamatsu, son accès est vraiment aisé. Si le port et son village n’invitent pas nécessairement à l’exotisme, dès que l’on s’en éloigne, que l’on rentre un peu dans la végétation, on se sent vraiment sur une île. Avec un tout petit peu d’imagination, on pourrait presque se croire sur une petite île du golfe du Morbihan. Les galettes et les crêpes en moins, à notre grand regret !

Sur cette île, nous avons tout d’abord visité la grotte de l’Ogre qui, dans la légende, accueille les démons. Ainsi, plutôt que de consacrer à son aspect géologique, la visite de cette grotte met en scène des statues de démons très colorées. Cette grotte est située au milieu de l’île, sur les hauteurs, et offre donc un panorama superbe sur la mer et les îles environnantes. Nous avons ensuite loué des vélos pour faire un petit tour de l’île et du village.

En début d’après-midi, nous avons pris un ferry pour nous rendre sur l’île voisine d’Ogijima. L’arrivée en bateau offre un magnifique panorama sur le village où de vieilles maisons en bois semblent être bâties les unes sur les autres ! Nous avons enfourché à nouveau des vélos (à assistance électrique, ouf, car cela grimpe pas mal !). La promenade est agréable et nous a menés jusqu’au phare à l’extrémité de l’île.

C’est très beau et très calme, mais une chose nous choque : les plages sont jonchées de détritus. C’est d’autant plus choquant que le Japon est un pays extrêmement propre. Bien sûr, les habitants de l’île n’y peuvent rien : les déchets sont amenés par la mer… Devant ce spectacle, Laetitia et Éléanor ont nettoyé une partie de plage. Bravo les filles !

Notre retour sur la terre ferme a marqué la fin de notre escapade sur Shikoku. Nous avons fait et vu en une semaine énormément de choses et d’endroits très beaux et intéressants. Cela peut donner l’impression d’une visite au pas de course alors que, comme à notre habitude, nous y avons été plutôt lentement et nous avons veillé à respecter les rythmes (de sommeil notamment) et les désirs (prendre du temps pour jouer, c’est important !) de notre petite Éléanor.

Ce fut donc un peu bref, mais suffisant pour nous donner envie de revenir et d’approfondir cette région du Japon qui est vraiment en dehors des sentiers battus (nous avons pratiquement rencontré aucun touristes occidentaux). En tout cas, la prochaine fois nous louerons une voiture afin d’accéder plus facilement aux sites naturels du centre de l’île où il est difficile de se rendre en transports en commun.

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