Pékin et la Grande Muraille de Chine : 5 jours en famille exceptionnels (et sans VISA : on vous dit comment)

Pékin et la grande muraille de Chine sont arrivés dans notre itinéraire de voyage en famille comme un cheveu sur la soupe (oui j’aime bien les expressions désuètes). Ayant comme objectif de nous rendre au Japon début avril pour les cerisiers en fleurs, souhaitant faire une halte pour couper la route et le décalage horaire, et apprenant qu’un VISA gratuit est accordé sur-place pour des séjours de moins de 144h (6 jours)… nous nous sommes dit : Banco ! Une improvisation comme on les aime. 🙂

Hors Hong-kong et Macao que nous avons visité en décembre dernier, c’était pour nous une première approche de la Chine. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre. Et nous n’avons pas été déçus !

Alors, on vous dit tout à propos de comment obtenir l’exemption de VISA et sur nos visites en famille à Pékin (et sur la Grande Muraille de Chine), avec en prime un reportage photo. C’est parti !

Comment sommes-nous allés à Pékin en famille sans VISA ?

Nous sommes restés 6 jours (5 jours pleins sur place) à Pékin seulement, car en tant que français nous pouvions bénéficier d’une exemption de visa de 144 heures (6 jours) gratuitement*. Une aubaine, car le VISA chinois est très cher et difficile à obtenir de l’étranger.

Pour cela, il faut faire une escale longue à Pékin (ou une des autres villes où cela est autorisé) : on ne peut pas faire un aller-retour (cela ne marche pas avec un Paris – Pékin – Paris par exemple).

Par exemple, notre vol sur Air China a eu comme itinéraire : Singapour – Pékin – Osaka. En plus, cette longue escale à Pékin nous a permis de réaliser des économies. Ce vol avec longue escale était moins cher qu’un vol direct Singapour – Osaka, et moins cher que de prendre 2 vols Singapour – Pékin et Pékin – Osaka. C’est bon à savoir qu’il est possible de rallonger une escale avec Air China pour profiter d’un vol pas cher et d’une longue escale à Pékin !

Enfin, il faut que cette « escale » dure moins de 144h (officiellement cela peut être plus, car le « compteur » commencerait à minuit le lendemain, mais cela est risqué, je pense, de passer plus que les 144 heures autorisées). Soit 6 jours, donc en général maximum 5 jours « pleins » sur place, comme nous l’avons fait.

Ces conditions réunies, l’exemption de VISA se fait à l’arrivée, avant de passer les contrôles d’immigration :

  1. se rendre au comptoir « visa exemption »
  2. remplir un formulaire (un par personne, même pour les enfants et bébés)
  3. le donner avec les passeports au comptoir (en montrant le vol de sortie)
  4. un autocollant est collé dans le passeport, l’immigration peut être passée à présent.

Et c’est tout, vous voici parés pour une autorisation de séjours de 6 jours en Chine (mais vous n’avez pas le droit de quitter la région où vous avez atterri).

*Attention : au moment où vous lirez ces lignes, l’information pourrait être périmée. Pensez à vérifier la possibilité de l’exemption de visa sur un site officiel chinois.

Et maintenant, voici dans le détail avec nos plus jolies photos nos visites et découvertes à Pékin et à la Grande Muraille de Chine durant ces 5 jours / 6 nuits passées à Pékin !

Jour 1 à Pékin : promenade dans les Hutongs

Un hutong est un ensemble constitué de passages étroits et de ruelles très caractéristique de la ville de Pékin. Ces quartiers ont été construits pour la plupart il y a plus de 700 ans !

Nous sommes partis de notre hôtel (Peking Youth Hostel, très agréable !) situé au nord de la cité interdite dans le carré de la vieille ville, en plein dans un quartier de hutongs (métro NANLUOGUXIANG). Parfait pour un premier jour pour découvrir et appréhender cette nouvelle ville tellement mystérieuse pour nous.

La promenade (nous avons suivi un itinéraire proposé par le Lonely Planet) serpente entre des petites rues calmes et typiques. Les murs sont gris et les portes rouges. C’est étrangement calme. En effet, tout le monde se déplace en scooter ou petit véhicule électrique ; très peu de voitures ici.

Dans ces quartiers, on ne se sent pas du tout dans une grande ville. Plutôt dans un grand village très étendu.

Ensuite, notre promenade nous a menés au Bell Tower and Drum Tower Culture Square où se trouvent… la tour de la cloche et la tour du tambour, qui eux-mêmes contiennent… vous l’aurez deviné… une cloche et des tambours ! Il est possible de monter en haut de ces tours pour un prix dérisoire ; la vue y est superbe sur les toits des hutongs et sur la ville plus moderne au loin.

Enfin, nous sommes allés nous promener au bord du lac Qianhai. Il y a de jolies rues commerçantes et de bons restaurants. Nous avons jeté notre dévolu sur un restaurant chinois-musulman (Kao Rou Ji) qui sert de la viande de mouton grillé ; c’était délicieux !

C’est un peu touristique, mais globalement le lieu est agréable. Un peu fatigués, nous nous sommes même laissés tenter par un tour en pousse-pousse (c’est cher, mais cela a permis à Victor d’enfin s’endormir pour sa sieste !).

Jour 2 : la Cité Interdite

Jusqu’en 1924, cet énorme palais appelé aujourd’hui « cité interdite » et s’étendant sur 72 ha était en effet interdit à la visite. Il a été la résidence de 24 empereurs durant plus de 5 siècles.

Visiter la cité interdite de Pékin a été un moment fort de notre voyage. Nous y avons vu beaucoup de ressemblances avec les grands palais de Séoul (Corée du Sud) – qui nous avaient déjà bien impressionnés à l’époque – de par l’architecture et le côté labyrinthe du lieu. Mais, c’est beaucoup beaucoup plus grand que tout ce que nous avons déjà vu. C’est cela qui rend d’autant plus impressionnante la visite de la cité interdite. Une totale démesure, à la mesure, certainement, de la richesse et des pouvoirs qu’avaient les empereurs chinois auparavant.

Ainsi, on se promène dans une sorte de labyrinthe, dédale de couloirs et de passages où l’on croise des palais et pavillons tous plus beaux les uns que les autres. On imagine la vie à l’époque – celle, très aisée, des empereurs et de leur cour et celle, difficile, des domestiques devant répondre à leurs moindres attentes. On observe les détails dans l’architecture, le mobilier, les jardins et cours intérieures… On voit aussi – presque clairement – l’empereur assis, là, devant nous, sur ce qui était son trône impérial.

Bref, nous avons passé une merveilleuse journée à parcourir la cité interdite en famille. Bon, nous avions très mal aux jambes à la fin de la journée. Quand on vous dit que c’est grand !

Côté pratique : il y avait énormément de monde à l’entrée, que ce soit aux contrôles dans la rue ou aux contrôles de ticket à l’intérieur ; nous avions peur de devoir faire la queue pendant des heures. Mais non. C’est très fluide et ça va vite. Et une fois à l’intérieur, étant donné la grandeur du site la foule n’a pas été trop gênante.

Un conseil : achetez votre entrée (40Y/personne, environ 5€) avant (via votre hôtel) : votre billet d’entrée sera votre passeport (ne l’oubliez pas !).

Jour 3 : on se détend !

Après 2 jours de visites intenses, il était temps de lever le pied. Pour nous (marcher des kilomètres et porter les enfants, aïe, aïe, aïe !), mais surtout pour les enfants qui ne trouvent pas forcément leur compte dans ces visites…

La journée a commencé par un parc. Nous n’avons pas réussi à trouver une aire de jeux toboggan-balançoires alors nous avons opté pour… la fête foraine. Le parc Chaoyang a justement un énorme espace avec des attractions pour tous les goûts (et tous les âges). Bon, c’est un peu vieillissant (du coup, il faut voir le côté « vintage » !), mais pas très cher (100Y, 13€, pour un « pack » de 8 manèges).

Éléanor a donc fait du « trampoline-élastique », de la pêche au ballon, de la petite voiture, de la petite moto, du cheval, etc. Bref, un beau moment (pour elle).

La promenade dans le parc est sympa, mais sans plus.

Ensuite, direction… le centre commercial (youhou…) Solana situé à la sortie du parc (exit West 2). Ce grand mall, assez incongru dans notre vision de la Chine communiste, présente toutes les grandes marques internationales. Il a aussi la particularité d’avoir un énorme espace dédié aux enfants : Kids Town. On y trouve des dizaines de boutiques (vêtements, jouets, accessoires…), restaurants (donc McDo…), coiffeurs… Et surtout des dizaines d’espaces de jeux et d’ateliers payants pour enfants (il y a même – en vitrine ! – un espace « bébé nageur »…). Une grande patinoire complète ce tableau de l’hyper consommation au pays du communisme.

Nous avons déjeuné dans un restaurant bio (« tribe organic ») qui dispose d’une petite aire de jeux pour les enfants (gratuite).

Bref, ce centre commercial a été parfait pour acheter couches, compotes et quelques vêtements, faire quelques jeux et, aussi, d’un point de vue sociologique afin de voir le Pékin-qui-a-de-la-thune (et faire définitivement tomber le mythe de la Chine communiste !).

Jour 4 : Place Tian’anmen et spectacle

Un autre lieu mythique que nous ne pouvions pas louper : la Place Tian’anmen qui a été la témoin de grands événements de l’Histoire chinoise.

Car, fondamentalement, il s’agit « juste » d’une place. Bon, une place aux dimensions démesurées il faut le reconnaître ! Elle est entourée de monuments reflétant l’histoire de la Chine. Notamment le mausolée de Mao (on n’y est pas allés) et l’entrée de la cité interdite.

L’entrée y est très réglementée avec plusieurs contrôles et des points d’entrées précis (non, non, on ne traverse pas la route n’importe où pour se rendre sur la place : il faut suivre docilement le parcours !). Il y a également beaucoup, beaucoup de caméras sur la place et aux alentours. Il y a un côté « Big Brother is Watching You » assez flippant… Mais combien sont-ils pour regarder toutes les images de ces milliers de caméras ? Mystère

Fait assez cocasse (pour nous en tout cas) : au sud de la place se trouve un centre commercial orienté vers les produits de luxe. Il y a également la ribambelle habituelle d’établissements américains : Mc  Do, KFC, Starbucks… Assez étonnant à deux pas de cette place symbole du pouvoir communiste !

Pour le déjeuner, nous nous sommes fait plaisir dans un excellent restaurant gastronomique spécialisé dans la cuisine du Yunnan (« Lost Heaven ») et situé à proximité de la place. Nous nous sommes régalés et, finalement, les prix ne sont pas si prohibitifs qu’on aurait pu l’imaginer pour ce type d’établissement (environ 60Y – 8€ – par plat).

Enfin, nous avons terminé l’après-midi par un spectacle de cirque et d’acrobates. Il s’agit du spectacle au Beijing Chaoyang Theater qui a l’avantage (lorsque l’on a des enfants) de faire des représentations l’après-midi à 16h (mais aussi 17h30 et 19h). Les places sont un peu chères (280Y – 37 € – par adulte, demi-tarif pour Éléanor et gratuit pour Victor).

En arrivant, voir les groupes de touristes chinois alignés devant la porte d’entrée ne nous laissait rien présager de bon. « Zut, encore un truc à touristes« . Mais, contre toute attente, le spectacle qui a duré une heure a été un ravissement pour Éléanor comme pour nous (Victor, heureusement, a dormi tout le long). Certains numéros sont vraiment impressionnants (et risqués !), et tous sont admirablement réalisés par des artistes vraiment professionnels.

Jour 5 : la Grande Muraille de Chine.

Il y a 4 sites principaux de la Grande Muraille accessibles depuis Pékin en moins de 2 heures :

  • Badaling : Très, très, très touristique
  • Juyongguan : la section la plus proche, mais qui n’a pas « le look classique » de la Grande Muraille
  • Mutianyu : Un peu plus loin, mais moins de monde, bien restaurée et la plus grande portion à parcourir
  • Jiankou : la section « abandonnée » – peu de monde, mais en ruine et randonnée obligatoire (pas family-friendly)

Nous avons donc choisi de visiter la portion de la Grande Muraille de Mutianyu, idéale en famille. Bien nous en a pris !

Nous sommes partis de bonne heure (7:15) en taxi (coût : 750Y – 100€ – aller-retour). Le trajet a pris 1h45. À 9h, nous étions donc prêts à l’ascension de la Grande Muraille. Mais avant de fouler de nos pieds cet endroit mythique, il faut prendre une navette (15Y aller-retour) puis un télécabine (120 Y aller-retour). Oui, c’est la solution de facilité : il est possible de faire tout ce trajet à pied (mais pas pour nous avec 2 enfants à porter !).

Arrivés là-haut, wooooow ! C’est vraiment assez incroyable de se dire que l’on est sur la Grande Muraille de Chine. J’imagine que cela doit être la même impression lorsqu’on arrive au Machu Picchu : on a beau avoir vu des milliers de fois des photos, le voir en vrai cela n’a vraiment rien à voir.

Sur cette portion restaurée de la Grande Muraille, il y a plusieurs kilomètres à parcourir. Nous en avons parcouru « seulement » 3, mais, croyez-moi, c’est loin d’être plat ! Ça grimpe et ça descend beaucoup, car la muraille suit le relief (et cette portion est dans la montagne – ce qui offre, d’ailleurs, une vue magnifique !).

Pékin avec des enfants : quelques notes en vrac

Durant ces quelques jours passés à Pékin en famille, nous avons noté quelques éléments que nous souhaitions partager pour les futurs voyageurs. Les voici donc réunis, en vrac, ci-dessous en guise de conclusion à cet article :

  • En ville, il y a des toilettes absolument partout (nous pensons que certains logements ne doivent pas en disposer, d’où l’existence d’autant de toilettes publiques)
  • La ville est jolie (bien qu’un peu gris soviétique), propre et calme (beaucoup de motos et véhicules électriques) – cela rend vraiment très agréables les promenades avec des enfants
  • Les Chinois de Pékin ne sont pas aussi rustres qu’on les présente habituellement (bon OK, ils crachent quand même beaucoup dans la rue) ; ils sont même dans l’ensemble plutôt sympas et polis.
  • Pour visiter Pékin, il faut prévoir de bonnes chaussures et un bon porte-bébé, car la ville est étendue et ça grimpe souvent (temples, tours, muraille…)
  • Début avril semble être un bon moment pour s’y rendre (c’est le moment où nous y étions) ; il faisait assez froid, mais dans l’ensemble il a fait beau, avec quelques journées très ensoleillées. En plus, il y avait très peu de touristes (occidentaux).
  • Les Chinois ne sont pas nombreux à parler anglais, par contre en restant dans les endroits touristiques tout est écrit en anglais (et il y a très souvent un menu en anglais dans les restaurants).
  • Il est difficile de trouver des produits pour bébé à Pékin. Néanmoins, nous avons trouvé notre bonheur au centre commercial Solana (voir Jour 3).
  • Nous n’avons pas trouvé d’aires de jeux pour les enfants. Il y a seulement un peu partout des aires pour faire du sport (qui peuvent, néanmoins, servir de jeux pour enfants, Éléanor adore « faire du sport » !)
  • De nombreux sites internet sont censurés en Chine (Google, Facebook et Instagram notamment). Pour contourner ce blocage, il faut utiliser un VPN ou une carte SIM d’un autre pays (notre carte SIM de Singapour nous a permis d’accéder à ces sites alors que le WIFI de l’hôtel non).
  • Il est important d’avoir toujours son passeport sur soi. Il y a régulièrement des contrôles de police et certains sites comme la cité interdite utilisent le numéro de passeport comme ticket.
  • Le métro est efficace et pas cher (3 à 5 Y le trajet), sinon le taxi n’est pas très cher (90Y depuis le centre pour l’aéroport).
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One Response

  1. Bibiane Répondre

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